mercredi 26 décembre 2012

30 Seconds To Mars - 1ere partie

- " Euh, 30 Seconds To Mars, c'est pas le groupe avec le mec d'Hollywood là ... le beau gosse ... Jared Leto ? "

Alors oui, effectivement, c'est ça ... mais aussi bien plus encore ... en fait, infiniment plus que ça ! Et je vais essayer de le partager avec vous.

Bon, je vais pas la jouer hypocrite, la phrase de départ aurait très bien pu sortir de ma bouche il y a encore quelques mois. En fait il trainait dans ma playlist une version acoustique du single The Kill, c'est le seul morceau d'eux que je pensais avoir ; alors qu'en fait depuis des mois je m'éclatais sur Need For Speed: Hot Pursuit en me disant que la musique d'intro était juste géniale ... sans savoir que c'était une chanson de 30STM (oué, on les appelle comme ça aussi).

La musique est faite de découvertes et d'aventures. C'est un voyage qui prend le temps de nos vies ; et comme tout voyage, c'est aussi une histoire de rencontres. Pour moi ça a commencé avec une amie qui connaissait et appréciait le groupe. Je me rappelle, il était tard ... en y réfléchissant bien, il était tellement tard qu'il était tôt. J'avais basculé depuis trop longtemps on the other side of midnight et mes amis, mojito et Cie, finissaient la fiesta de la veille dans les tréfonds de mon esprit embrumé. Par contre un truc reste clair dans tout ce brouillard, c'est cette petite séance de zapping avec un enchaînement de plusieurs chansons du groupe ; alors que je venais tout juste d'avouer l'affreuse vérité : je ne connaissais pas 30STM ! Alors, oué, j'étais peut être 'cassé', mais je sais reconnaître un pur son quand j'en entends un ... et là c'était un p*tain de pur son !

but enough of my life ... la question est : Qu'est ce que c'est 30 Seconds To Mars ?

... une affaire de famille

 En effet, aux fondations du groupe, son cœur et son âme, on trouve les deux frères Leto, Shannon et Jared. Ces deux là jouaient de la musique ensemble depuis leur enfance en Californie, où ils grattaient leurs premières notes de guitare dans la chambre de Jared. Shannon, assez vite, préfèrera martyriser les futs d'une batterie (il maltraitait déjà les casseroles de sa maman à grands coups de cuillières en bois dès l'âge de huit ans) alors que Jared persistera à la guitare et au chant.

Voilà venir le début des années 90 et les deux frangins s'en vont partager une petite piaule, à Los Angeles, encombrée par un kit de batterie et quelques amplis Marshall. Alors que Jared succombe aux appels du grunge et ne jure que par Nirvana, Shannon, lui, reste fidèle à l'héritage des années 80 et à des groupes tels que Depeche Mode, The Police et Metallica. Ils se retrouvent néanmoins sur des 'classiques' tels que Pink Floyd, Led Zeppelin, The Cure et Bowie. Influencés par le son rock des 90's naissantes, leurs compos vont progressivement devenir plus agressives, passant d'un folk assez mélancolique à un rock indé plein d'énergie.

Entre 1995 et 1998 Jared va enchaîner les tournages au cinéma mais, même si il commence à se faire un nom dans le milieu, sa relative célébrité ne devient pas étouffante. Tant mieux car il ne souhaite pas que celle ci soit un frein à ses ambitions musicales. C'est à ce moment là que les deux frères se lancent dans l'aventure des concerts épaulés par les guitaristes Solon Bixler et Kevin Drake (qui ne restera qu'un an à peu près dans le groupe, participant essentiellement aux concerts), et aussi un bassiste dont la postérité et ma mémoire auront oublié le nom (si quelqu'un sait qu'il me le dise, j'updaterai l'article). Le groupe, au départ, fait profil bas, ne souhaitant pas capitaliser sur la notoriété grandissante de Jared. Ils se produisent donc dans des clubs de la périphérie de Los Angeles et changent fréquemment de nom pour brouiller les pistes. Il y a d'ailleurs une anecdote intéressante, et également révélatrice de leur attitude, qui date de cette époque : Un soir le groupe refusa d'assurer un concert car il était marqué en gros sur le flyer : " le groupe de Jared Leto ". Le concert fut ensuite signalé comme annulé et à la place le club annonça un autre groupe nommé Oblivion. Ceux qui connaissaient la musique du groupe ont compris et sont restés pour le concert, les autres se sont fait rembourser et auront perdu l'occasion de passer une chouette soirée. A propos de cette époque Shannon expliquait :  " On craignait que certains patrons de clubs de centre ville se servent du nom de Jared comme d’un argument commercial, et nous utilisent comme vitrine. Mais nous, on n’était pas là pour le business. Ce qu’on voulait c’était la liberté. "

Le groupe enregistre alors plusieurs démos et décide aussi de se trouver un nom définitif. Après quelques errements, ils choisissent, après avoir lu une publication scientifique sur les progrès des technologies spatiales, de l’appeler 30 Seconds To Mars. Au sujet du nom du groupe, Jared Leto déclarera : " Pour nous, le nom 30 Seconds to Mars a peu à voir avec l'espace, l'univers ou quelque chose comme ça. C'est un nom qui fonctionne sur plusieurs niveaux. Plus important encore, il est une bonne représentation de notre son. C'est une phrase qui est lyrique, suggestive, cinématique, et rempli de l'immédiateté. La notion d'espace est si écrasante et globale que je doute qu'il y ait une chanson écrite qui n'entre pas dedans "

Lyrisme - Suggestivité - expérience cinématique - Immédiateté ... Tout est dit ! En fait j'ai presque rien à rajouter aux propos de Jared Leto tellement ça sonne comme la définition exacte de la musique de 30STM. Je pourrai quand même ajouter un p'tit truc et parler du côté atmosphérique de leur musique. La base même du rock atmosphérique c'est l'utilisation de boucles synthétiques, de sons electro, pour 'poser' une ambiance, un état d'esprit, sur laquelle vont ensuite s'accrocher les parties plus rock ; et c'est ce contraste entre le côté 'froid' et synthétique des loops et le côté 'organique' et vivant des guitares et de la batterie qui va générer toute l’atmosphère de la chanson. Et dans ce genre particulier on peut dire que la bande aux frères Leto est passée maître.

En fait difficile d'enchaîner sans ne pas parler non plus d'un autre aspect du groupe, au delà du côté musical. Je fais là référence à toute l'imagerie que véhicule le groupe. C'est un mélange subtil et intriguant entre des symboles et des glyphes étranges, utilisés ça et là au gré des pochettes, des artworks et de tout ce qui crée l'identité visuelle de 30STM ; et aussi des textes cryptiques remplis de métaphores et de citations qui confèrent à leurs chansons un côté hermétique et très spécial. Un mystère quasi mystique que l'on aurait envie de pénétrer ... de comprendre.

... le premier album

Notre petite troupe ultra-motivée entre en studio début 2001 avec l'idée de donner le meilleur d'elle même et d’accoucher du meilleur premier album possible. Pour cela le groupe s'entoure d'un vieux briscard à la production en la personne de Bob Ezrin (il a produit, entre autres, Alice Cooper, Kiss, Kansas et Pink Floyd). Ezrin dispose donc d'une solide expérience en matière de rock et de rock progressif. C'est exactement ce dont a besoin 30STM pour peaufiner le son qu'ils recherchent et qui va ensuite définir la personnalité du groupe.


Le résultat de cette collaboration sort en août 2002 et le moins que l'on puisse dire c'est que c'est une réussite. Étonnamment mature pour un premier album, les pistes s'enchaînent avec une homogénéité et une fluidité extrêmement maitrisée. Certaines critiques compareront même la musique de cet album au travail effectué par des groupes comme Pink Floyd ou à des artistes comme Brian Eno. Et, effectivement, il y a de ça, tellement la musique de cet album est 'spatiale', progressive, avec des arrangements qui font littéralement planer bien au dessus des contingences matérielles de notre monde physique (whaou, c'est moi qui ai écrit ça ?).

Deux singles seront issus de ce premier album : Capricorn (A Brand New Name) et Edge of the Earth, bourrés d’énergie de la première à la dernière note, ils résument bien la tonalité générale de l'album ; mais comme d'habitude, après un certain nombre d'écoutes, je finis toujours par préférer d'autres titres. Pour cet album mes préférés sont l'énorme, que dis-je, l'épique Oblivion, sorte d'hymne guerrier qui commence comme un hommage à U2 (digne héritier d'un Sunday Bloody Sunday ou d'un New Year's Day version 2002) et qui s'achève dans une rythmique syncopée, comme des rafales de mitrailleuses. Comment ne pas parler non plus de The Mission avec son refrain lancinant et sa rythmique basse-batterie en béton-armé. J'adore aussi l'étrange et progressif Buddha for Mary ; mais mon chouchou sur cet album c'est Echelon ! Pour moi ce morceau résume à lui tout seul toutes les influences qui ont précédées la naissance du groupe et aussi toutes ses ambitions artistiques ; c'est la synthèse parfaite de ce qu'est 30STM en 2002 en une chanson ... et quelle chanson !  

Again and again, and again and again ... I see your face in everything ...

... un mensonge magnifique


Le groupe recrute alors le bassiste Matt Wachter en prévision de la tournée qui va suivre. Celle-ci débute dès le mois d'octobre 2002, le groupe assurant la première partie de groupes tels que Our Lady Peace et Sevendust. Au mois de février suivant, Solon Bixler, fatigué par cette vie de bohème et souhaitant désormais rester à Los Angeles, annonce qu'il quitte le groupe. 30STM, alors réduit au statut de trio, va donc organiser des auditions en vue de lui trouver un remplaçant. C'est Tomo Miličević, un guitariste d'origine croate et fan du groupe, qui va décrocher la timbale. Et voilà donc nos musiciens au complet, partis pour de nouvelles aventures. Le reste de l'année sera placé sous le signe du Live et ils enchaîneront différentes dates et festivals avec une apparition remarquée au Lollapalooza.

Mais début 2004, le groupe songe à l'avenir et surtout à leur deuxième album. Les premiers enregistrements commencent dès le mois de mars 2004. L'album sera enregistré dans cinq pays différents (sur quatre continents) sur une période de trois ans.

Le résultat de tous ces efforts, l'album A Beautiful Lie, sort aux USA en août 2005. Le message posté sur le site internet résume bien la situation : " Nous y avons mis tous les seaux de sang, de sueur et de larmes que nous avons versés pendant tous ces mois. Qui a dit que les garçons ne pleuraient pas ? ". Produit par Josh Abraham (Linkin Park, Atreyu, Limp Bizkit et Velvet Revolver entre autres), le son du groupe devient moins progressif, plus rock indé. Les chansons s'orientent aussi vers un niveau plus personnel, moins cryptiques que sur l'album précédent et dans un registre plus intime. Certains fans de la première heure qui espéraient un album similaire au premier seront déçus. Pour ma part j'apprécie l'évolution du groupe, sa volonté de ne pas stagner et son ambition d'aller explorer d'autres horizons. C'est un disque d'avantage tourné vers l’émotionnel et moins axé sur l'aspect technique et l'abondance d'effets. Il montre un groupe en plein processus de maturation qui n'hésite pas à se redéfinir à chaque album et qui n'hésite pas non plus à prendre des risques.

Le premier single, Attack, aura la lourde tâche de promouvoir l'album. Une petite mélodie electro en intro, pas le temps de se poser que la voix de Jared s'emballe alors que déboulent guitares et batterie à cent à l'heure pour une orgie de décibels survoltées. Les critiques sont conquises, les éloges fleurissent dans la presse, le single est largement programmé sur les radios rock ; mais le succès, bien que réel, est limité et il manque encore un véritable hit pour faire décoller l'album dans les charts.

Loin de se décourager nos valeureux musiciens se lancent alors dans une grande tournée à travers le pays. D'abord en première partie d'Audioslave, Seether et The Used , puis ensuite en tête d'affiche à partir de mars 2006. Le 5 mai MTV diffuse le clip de The Kill, plus proche d'un véritable mini film que d'une vidéo musicale ; dans lequel le groupe se retrouve projeté dans un hôtel étrange et oppressant tout droit sorti du Shinning de Stanley Kubrick. Tout est là, même la fameuse chambre interdite, sauf que cette fois c'est la chambre 6277 ... essayez donc de taper MARS sur votre téléphone mobile et vous comprendrez l'allusion. Le clip est mis en scène par l'énigmatique Bartholomew Cubbins qui deviendra ensuite le réalisateur attitré du groupe.

30 Seconds To Mars - The Kill (Bury Me)

Pour moi cette chanson est la parfaite breakup song, même en écumant l'intégralité du répertoire de Phil Collins ou de Journey j'ai pas trouvé mieux ! Émotionnellement elle intègre toute la gamme des sentiments que l'on peut ressentir lors d'une rupture, de la rage à l'anéantissement, de la colère sourde d'un égo meurtri jusqu'à la prise de conscience de la libération ... jusqu’à ce paroxysme ou Jared hurle ... This is who I really am !

Donc à partir de ce moment là tout s'emballe pour les 30STM. Au début de l'été, le titre est le plus joué et le plus demandé sur MTV2 ainsi que sur différentes radios, dont la mythique KROK FM. L'ascension dans les charts peut dès lors commencer et le disque sera rapidement certifié platine aux US. Pour fêter ça le groupe va faire la tournée des festivals pendant l'été et l'automne, et en novembre, 30STM enfonce le clou avec le troisième single issu de l'album : From Yesterday. Et là, c'est trop fort ! Ils parviennent à rééditer l'exploit réalisé pour The Kill ... le clip est un petit bijou, narrant une histoire fabuleuse ou se mêle rêve et réalité. Le plus incroyable c'est qu'ils ont eu l'autorisation de le tourner dans la très secrète et protégée Cité interdite, l'ancien palais impérial situé au cœur de Pékin (Chine). Là, ce décor grandiose et unique prend vie pour devenir un personnage à part entière du clip et de son histoire.

30 Seconds To Mars - From Yesterday
 
... On his face is a map of the world.

En février 2007 l'album sort enfin en Europe et le groupe part alors à l'assaut du vieux continent en se lançant dans une grande tournée à travers plusieurs pays ainsi que différents festivals. le 1er mars, Matt Wachter annonce qu'il quitte le groupe pour se consacrer à sa famille. Il est alors remplacé par Tim Kelleher. A la fin de l'année 30STM rafle plusieurs prix, dont celui de meilleur groupe, dans différents magazines, aux MTV Europe Music Awards à Munich ; ainsi que sur la chaîne musicale US Fuse TV.

L'épilogue de cette série géniale arrive fin janvier 2008 avec la diffusion du 4eme et dernier single/clip issu de l'album : A Beautiful Lie (titre éponyme). Le groupe y montre une autre facette de sa personnalité, plus écolo, et on les découvre jouant sur une banquise qui ne cesse de fondre au fur et à mesure que la chanson progresse.

30 Seconds To Mars - A Beautiful Lie

... Everyone's looking at me
I'm running around in circles, baby
A quiet desperation's building higher
I've got to remember this is just a game

Alors, vont-ils s'arrêter en si bon chemin ? Ont-ils atteint le sommet artistique de leur carrière ? Comment sera le troisième album ?

Vous saurez tout ça, et bien d'autres choses encore, dans la deuxième partie de cet article qui sera bientôt publiée sur le blog.

PROVEHITO IN ALTUM

Update : ... Cliquez sur ce lien pour lire la 2eme partie de l'article sur 30STM.

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